METHODOLOGIE DU COURS
ENFANTS
1. Les deux
lignes directrices se
dégageant de l’enseignement des enfants sont :
a) le mouvement
et
b) l’intention
L’une se traduit dans la pratique du tao, l’autre s’apprend en cours
de pratique avec le partenaire.
a) Dans le tao : L’enfant est très sensitif, c’est sa
première exploration du monde. Le mouvement s’y traduit donc par une
sensation. Il lui convient donc bien dans ce sens.
b) Dans les exercices
avec partenaire :
Dans un premier temps, l’enfant ne peut « abstractiser », ni
intellectualiser, ni savoir donc ce que c’est l’intention (anticiper,
esquiver, cerner le but.....). Toute pratique est donc pour lui
« intellectuellement innocente ».
Ce côté, il apprendra à l’équilibrer par une pratique dynamique avec
partenaire (l’intention de l’adversaire- la sienne propre).
En fin de travail (ceintures avancées), ces deux points se
rejoindront au travers de la discipline pour s’infiltrer de l’une dans
l’autre et équilibrer le travail, lui donner cohérence (perfection du
mouvement avec partenaire / expression dans le tao). L’enfant va s’unifier (à
son niveau) pour pouvoir aborder la suite de l’enseignement dans
d’excellentes conditions de coordination.
Nos lignes directrices :
Apprendre le mouvement par le tao.
Apprendre l’intention par les exercices du
kempo Blesdelle
2.
Observation de l’enfant - son rapport au monde
Pour comprendre la vision de l’enfant au travers de ses âges
différents (7 - 14 ans), comparez-le à une bulle qui se gonfle et s’étend de
plus en plus vers l’extérieur. L’esprit travaille d’abord sur lui-même,
ensuite se tourne peu à peu vers le monde qui l’entoure. Autrement dit :
- d’abord l’enfant travaille en isolé (dans sa bulle)
- ensuite, l’enfant coordonne pour lui-même de manière simple et
sobre, sans jugement
- puis il commence à observer son entourage
- l’enfant s’évalue par rapport à son entourage - quelle est son
importance par rapport aux autres ?
- il se juge et se corrige lui-même
Tous les différents éléments rencontrés lors de son apprentissage
vont s’exprimer suivant cette relation avec le monde. L’enseignant va donc
accepter volontairement le rendu (bien sûr partiellement inexact) donné par
l’enfant de la matière qu’il essaie de reproduire.
Chaque enfant traversera ces stades d’apprentissage à des moments
différents. Il faut donc rester très souple et accepter sa version du
travail, tout en l’orientant tout doucement.
Chez l’enfant, l’intégration au groupe est donc très importante car
le groupe est son repaire de fonctionnement (il imite, il suit, il joue....).
3. Les 6
étapes de travail au travers de notre technique
Exécution simple
Coordonner
(synchroniser)
Mémoriser, orienter
Rythmer
Exactitude - précision
Finaliser le mouvement
4.
Pédagogie pratique
En règle générale, ne pas attendre de l’enfant un progrès instantané
mais laisser le progrès s’insinuer progressivement et naturellement comme
s’il n’existait pas. Cela donnera un sentiment de « différé »
lors de la transmission de l’enseignement mais la satisfaction apparaîtra
inévitablement quelques temps plus tard.
Il faut patienter.
Savoir s’emparer de ses mots - être suggestif !
a) A savoir
absolument :
- L’enfant ne peut « abstractiser » (ne rien lui expliquer d’abstrait)
- Il n’a pas d’anticipation (il ne peut se protéger efficacement)
- il n’a pas conscience du danger (il faut penser pour lui dans tous
les sens possibles car il va exécuter tout inconsciemment, sans frein).
b) Conseils
généraux :
- Visualiser dans les explications
- Travailler sur les sens, les mettre en évidence
- Prévoir le danger
- L’emmener dans le groupe - effet de groupe
- Travailler d’abord tous les exercices à droite, ensuite
passer à la pratique à gauche (l’enfant ne peut au départ faire de
représentation abstraite d’une position ou orientation).
- Pas de déplacement ou limité au début pour les très jeunes
enfants
- Chez les plus petits : ils décomposent parfois leurs
mouvement pour les exécuter l’un après l’autre (leur esprit ne peut encore
cerner une coordination totale du corps). Surveiller qu’ils ne crispent pas
des parties du corps involontairement. Faire travailler les mouvements
séparément.
- Si nécessaire gainer des parties du corps (faire travailler un
morceau du corps tout à fait indépendamment pendant que l’autre partie du
corps reste inactive, gainée)
- Laisser le temps à l’enfant de réfléchir et d’exécuter (plus
lent que l’adulte)
- Les faire asseoir pendant la démonstration des exercices
- Poser des questions - laisser venir les réponses
- Observer le tempérament - faire d’un défaut une qualité si c’est
possible.
- Travailler à la cohérence du groupe en les faisant travailler l’un
sur l’autre très progressivement.
- Savoir stimuler
- Valoriser lors d’un progrès
- Employer le jeux - rivalité saine et amusante - lutte....
- Donner une importance par un travail que l’enfant doit faire ou par
son plaisir à vouloir rendre service (stimulation).
- Le faire travailler avec des partenaires différents : lui
apprendre qu’il peut aider un enfant plus débutant, plus jeune.
Développer ainsi des liens de groupe dans le travail régulier.
- Réserver un travail relatif à son niveau personnel où il doit
commencer à travailler en individuel.
- Eviter de faire des « favorisés », présenter les choses comme le résultat
d’un travail (leur apprendre une valorisation).
5. Aspects
liés aux règles de respect
- L’écoute simple
- Le respect général (relation entre les personnes)
- Le respect de la structure des Arts Martiaux (respect des ceintures,
du professeur, de l’autorité....)
- Respect PAR la technique (respect des partenaires par une
technique précise, le contrôle des mouvements, retenir le partenaire, ne pas
le toucher,...etc...)
- Respect du sens de la technique, de la discipline - son éthique
(se que l’on retire de sa pratique - humilité...)
- Résultat du respect : apprécier - valoriser
6. Le sens
de l’artiste ?
En guise de conclusion, le monde de l’enfant est révélateur de celui
de l’adulte. Chez l’enfant, toute exécution est directe, non calculée, saine
(mais encore incomplète) Chez l’adulte, elle est camouflée et freinée par sa
construction intellectuelle qui le freine et gêne parfois (dans certain cas
aussi, des personnes veulent faire les choses sans les sentir mais en s’imposant
une règle de conduite qui devrait être juste ?). Le monde adulte aurait-il donc perdu toute sa
spontanéité ! ! !
Le vrai sens de l’Art Martial est le « jet » (comme le jet
spontané de l’artiste). Pouvoir l’étendre dans la durée, le goûter, le reproduire.
La convergence de toutes ses capacités vers ce jet. Cette fluidité
d’apparence spontanée. L’étude du geste, du mental vers ce sens de l’artiste.
Sa maîtrise.
Linéa
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