Introduction
Ces
histoires se passent en Afrique centrale, au Congo Belge, du temps de la colonisation.
C’était au temps de la PAX-BELGICA que beaucoup de vieux qui l’ont
connue doivent regretter actuellement. C’était au milieu des années 50, période
de grand développement économique et social, à la veille des élections
communales et de l’instauration d’un régime de sécurité sociale pour tous les
travailleurs. Il y régnait une grande sécurité pour tous, tant dans les villes
que dans l’intérieur du pays. 80 % des enfants étaient scolarisé,
L’enseignement moyen se développait et une université était créée à Lovanium,
près de Léopoldville.
L’indépendance était envisagée dans un avenir
lointain et imprécis, dans 50 ans disaient certains, tandis que le développement
du pays allait bon train : réseau routier, voies navigables, chemins de
fer, mines, plantations, aucun secteur n’y échappait. Le Bas-Congo, région
s’étendant entre l’océan Atlantique et la capitale Léopoldville, sur une
surface plus grande que celle de la Belgique, était particulièrement concerné
par ce développement, car les chutes du fleuve Congo et la perspective de la
construction du plus grand barrage du monde permettait d’envisager le
développement d’un centre industriel gigantesque. Sur les quelques kilomètres
du site d’Inga, le fleuve Congo dévale, en cataractes, une dénivelée de plus de
100 mètres. C’est une région forestière très peu habitée qui avait été
autrefois infestée par la malaria, la maladie du sommeil et la fièvre jaune.
C’est dans la perspective de ce développement
que l’Institut Géographique du Congo, dont je faisais partie, avait entrepris l’élaboration de cartes
topographiques à grande échelle, sur la base de photographies aériennes. Une vaste campagne de travaux topographiques
au sol avait été entreprise pour couvrir toute cette région d’un réseau de
triangulation permettant de fixer les repères de la cartographie. Des sommets
distants de 20 à 40 kilomètres formaient un maillage de triangles dont les
angles étaient mesurés avec une grande précision. A partir de ces sommets dont
les coordonnées X, Y, Z étaient calculées de proche en proche, il était
possible de connaître les coordonnées de point caractéristiques de photos
aériennes et d’établir la cartographie.