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Le pont de la Sako (vers Saïo) –
mi-avril 1941
En marche
pour la reconnaissance vers Saïo. Après un parcours de 25km, il faut passer
le pont de la Sako (petite rivière)
détruit par les Italiens. Il faut plusieurs heures pour réparer. En attendant la réparation du pont, les véhicules passent sur un petit pont provisoire au fond du ravin. (Photo donnée par JP Debels ainsi que celle
du fond d’écran)
Ensuite
la marche continue et parfois un avion de reconnaissance vient se rendre
compte de la progression. Ph.Brousmiche :
Le lendemain,
vers le milieu du jour, nous reprenons pied sur le plateau abyssin…..nous
parcourons à présent une succession d’ondulations verdoyantes parsemées de
milliers de pâquerettes. L’avion
de reconnaissance piloté par Micha qui est à présent accompagné d’un
observateur : le Cpt Dieu. Ils nous lancent un message lesté pour nous
apprendre que Saïo semble inoccupé ? Nous
longeons, à présent le flanc d’une troisième colline qui fait face, dans son
prolongement, à la butte de Saïo qui se dessine dans le lointain. Après
30km de marche on se prépare à faire le bivouac mais voilà qu’éclatent des
coups de feu à l’avant-garde !
Ils viennent de franchir la Bortaï. La butte de Saïo est à 1500m a peu
près. Les tirs se déroulent tout l’après-midi. Ensuite, repli derrière la
Bortaï (petite rivière)-Saïo est donc encore occupé. Les Abyssins viennent
nous apprendre que nous avons devant nous la valeur de 2 bataillons soit 1200
hommes. C’est vraiment beaucoup pour une compagnie en reconnaissance qui ne compte
que 3 pelotons renforcés par une section de mitrailleurs, soit 150 gradés et
soldats en tout…De quoi faire frémir les plus braves ! Le mot de
passe pour les troupes, c’est de se faire reconnaître en présentant dans le
creux de la main, un thaler Marie-Thérèse (pièce de monnaie). La nuit,
des camions italiens se déplacent. Mais .au matin on découvre que les
italiens n’ont fait que consolider leur position. Il est
décidé de faire un repli des positions afin de ne pas se faire encercler par
les italiens. Effectivement c’est ce qui fut tenté 2h plus tard. Tirs et
replis parmi les hautes herbes. Le père Edmond ! Ph.Brousmiche : Nous sommes assis dans un fossé
pour nous restaurer un peu et voilà que, surgissant de l’ombre et venant de
la direction de Gambela, une silhouette grande et mince apparaît
soudain ! Nous entendons alors
la voix de notre Col.Van der Meersch… Il est là, seul devant nous, et sort de
sa poche une bouteille de whisky. Il
la tend au Cmdt Janne en souriant. « Vous en avez sans doute grand
besoin ». Nous
lui faisons le point de la situation et il nous promet du renfort pour le
lendemain. Comme nous nous étonnons de le voir arriver seul, sans escorte,
dans la nuit, il nous raconte son aventure. Le véhicule qui l’amenait en même
temps que le Major Herbiet a sauté sur une mine. « sans
importance » ajoute-t-il en riant.
C’est alors qu’il a décidé de continuer seul à pied tandis que le
chauffeur s’occupait de changer la roue abîmée. Sur ce, il repart comme il était venu ! Cette démarche de notre Cmdt de régiment
nous a remonté le moral beaucoup plus que je ne saurais le dire. Nous nous
sentons moins abandonnés quoique toujours bien trop près de la gueule du loup
… Mais le calme et le souriant mépris
du danger dont vient de faire preuve notre chef nous fait un profonde
impression. A partir de ce soir-là, il est devenu pour nous « Le père
Edmond ! »…Et Vilain chantonnait déjà un air qui allait devenir célèbre : « Cré nom de nom,
le père Edmond c’est not’colon ! ». Le
lendemain le renfort est là. Mais aussi les italiens tentent une offensive et
attaquent avec des Erythréens conduits par des officiers italiens. Les tirs
durent toute la journée ainsi que le lendemain.. Mouvements et repli des
troupes. Van Fleteren nous apprend qu’à soin
départ, plus un seul ennemi ne rôdait aux environs de la Bortaï. Son
impression est que, faute de munitions, ils ont retraités eux aussi pour
plier bagages ! Et pendant ce
temps, nous leur tournions le dos !
(Photo donnée par JP Debels : le 1er Sgt Major Moembi)
Le Sgt Bobozo quant à lui a été vu
diriger son tir avec un sang-froid et un calme touchant à l’héroïsme au
moment où la situation semblait perdue ! A un autre moment, les nôtres ont vu s’avancer un aumônier italien dans l’espace séparant les combattants. Il venait au péril de sa vie, demander de pouvoir secourir les blessés qui râlaient sur le sol. Et de part et d’autre, le feu cessa et le courageux missionnaire ne fut pas inquiété. Le Col.Van der Meersch, en fin de journée, est venu dire quelques mots d’encouragement à mes hommes. Le moral reste bon malgré les pertes. *** En parlant
des ponts d’Abyssinie et d’Afrique, j’aimerais vous montrer une photo du
Col.E. Van der Meersch mais qui ne comporte aucun nom de lieu. Si quelqu’un
connaît le lieu qu’il me le fasse savoir. On voit le début du bataillon en
rang et des drapeaux. Est-ce l’entrée à Saïo ? Ou une autre ville ?
J.Junior
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