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Gambela
Je vous
résume quelques passages du livre « Bortaï » de P.Brousmiche : Deux
jours de repos et ensuite direction Gambela mais cette fois en terrain plat au
travers d’une tempête de sable. Ici, plus de Bimbashi Corfield pour traduire
le dialecte arabe, il faut se débrouiller avec les tribus. (Photo donnée par JP Debels : Rives de
Gambela aux eaux basses)
Appuyé
par des Cies du Kar britannique, le XIème doit attaquer de front la zone
découverte de 800m de large sur 2km de long devant la ville. Les italiens ont
incendié les huttes afin que la zone soit dégagée et rende la progression
difficile. De plus il faut se méfier du « pain de sucre », une
élévation, une butte d’une centaine de mètre occupée par l’ennemi,
observatoire idéal. (Photo donnée par JP Debels : poste de
mitrailleurs anti-avions)
Les tirs
commencent le 22 mars de midi jusqu’au soir – plus de 3000 cartouches sont
utilisées. C’est la fournaise au pain
de sucre. Quand l’obscurité commence l’ordre de repli est donné. Les soins
sont donnés aux blessés Au 23
mars au matin, la 3ème Cie arrive en renfort. Elle marche vers
Gambela quand 2 avions ennemis surgissent laissent tomber un chapelet de
bombes sur la ville (et sur une section entière du XIème. Il semble que les italiens aient abandonné
une fois de plus leur position durant la nuit. Ils se sont éparpillés vers
Saïo et ont traversé les mailles du filet que tendaient les alliés pour leur
couper toute retraite. Tout a
été abandonné à Gambela, café, marchandises, médicaments…Un officier
britannique arrive, il est camouflé de taches dans le visage tandis que les
belges sont à visage découvert n’ayant même pas le casque métallique modèle
anglais mais toujours le casque colonial en liège. “Notre conception de la guerre comporte peut-être un certain panache, mais elle doit manquer de réalisme aux yeux de nos alliés ! » On
enterre les morts comme l’on peut vu la dureté du sol desséché. Cependant,
toutes les nuits, les chacals sont à la besogne. Le père
Van Hoof parcourt les hautes herbes à la recherche des cadavres signalés par
les vautours. Aumônier et médecin sont au travail.
Nous
occupons donc Gambela et la population locale se réinstalle. Des
patrouilles traquent des bandas de Gallas (troupes levées par les Italiens)
et les ramènent prisonniers. Dans nos
troupes, beaucoup de cas de dysenterie qui décime plus d’hommes que les
balles ennemies. 1er avril – renfort du Vème régiment d’infanterie Le
Général Ermens, commandant en chef de la force Publique envoie du renfort
vers Gambela : l’état major du Vème RI vient s’y installer. Le Vème
bataillon et également un renfort de légionnaires français viennent renforcer
le XIème épuisé par les batailles précédentes. Le 5ème RI est
commandé par le Col.Edmond Van der Meersch. S’y joignent aussi la 3ème
Cie cycliste, 2 batteries d’artillerie, 1 Cie du génie, 1 Cie de mortier, 1
Cie d’étapes et 1 hôpital volant. Dès ce
moment, les forces ainsi rassemblées vont constituer le BCS3 et commencer la
deuxième période de cette campagne. (Photo donnée par JP Debels : Non loin
de la Sako, une position est organisée pour l’Etat Major du 5ème
RI et du géni – avril 1941)
Extrait
de « Campagne belge d’Abyssinie » du Général-Major Gilliaert :
Entre le 14 avril et le 15 juin, les forces belges auront pour mission de tenir la région de Gambela et de pousser des reconnaissances vers Goré, Saïo et Mogi. A trois reprises, sur les indications
fournies par les services de renseignements, nos troupes se portent à
l’attaque de Saïo. Elles se heurtent à des forces supérieures et il en
résulte les sanglants combats des 15 et 24
avril à la Bortaï et du 9 juin à Mogi, où nous
subissons des pertes sérieuses et après lesquels nous devons revenir à nos
positions de départ. 8
avril : Les
nouvelles se succèdent rapidement. Depuis hier, Addis Abeba serait occupée
par les Springboks – surnom des unités sud-africaines qui avancent depuis le
Kenya et l’Uganda. Les bataillons italiens ne se seraient pas rendus et
auraient retraité vers Gondar où se trouverait le duc d’Aoste. Une
ré-évaluation des troupes a lieu. Le moral est en baisse, les gens sont
épuisés et malades. On passe d’une position offensive à une position
défensive, nous dit Brousmiche. Mais le
Gén. Gilliaert nous note pourtant : …Cependant, pendant toute cette période notre action reste offensive. Sous l’impulsion énergique du Col. Dronkers-Martens et du Col.Van der Meersch, nos patrouilles non seulement tiennent le contact des positions de Saïo et de Mogi, mais elles sont tellement agressives et redoutées que les reconnaissances italiennes ne quittent pas la proximité immédiate de leurs propres positions…. Le
Col.Van der Meersch ordonne une reconnaissance vers Saïo le 13 avril.
P.Brousmiche part avec ses hommes et traverse la Sako. (Photo donnée par JP
Debels :A mi-chemin vers Saïo, le pont de la Sako, sauté par les
italiens dans leur retraite.)
J.Junior
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Photos en
arrière plan donnée par JP Debels : la cuisine modèle perfectionné et son
personnel spécialisé.